13/12-28/12/2015 – Travail à la ferme bio de Tierra Alegre, en Uruguay

Le 12 decembre, nous quittons Buenos Aires, après une rapide semaine d’immersion dans la culture sud américaine, direction l’Uruguay : le pays aux 3 millions d’habitants et aux 14 millions de vaches! Sans passer par la case « Montevideo », nous nous rendons plus à l’Est de la capitale, directement à Rocha. Par hasard, il se trouve que le couple qui nous accueillera pour les 2 prochaines semaines est en ville quand nous arrivons! C’est donc au milieu des caisses de légumes que nous nous glissons dans la 4L rouge de Libre, Juli et Indi (leur fils de 2 ans), pour atteindre triomphalement « Tierra Alegre », leur petite ferme en maraîchage bio.

Installés depuis 3 ans dans ce petit coin de paradis de la Sierra Rocha, Libre et Juli y ont tout construit : de leur maison aux parcelles de cultures. D’une vaste étendue d’herbes et de buissons, ont émergé une éco-construction en 3 dômes géodésiques, 5 serres et 1 pépinière d’arbustes. Les cultures s’étendent sur un hectare, et se dessinent sous forme de buttes d’un mètre de large. Libre a choisi d’utiliser au maximum des semences locales, dont la génétique se transmet de génération en génération par les paysans sud-américains. C’est le cas pour le maïs quechuas, les arachides et les diverses fèves qu’il cultive depuis ses débuts. Il complète ce panel de légumineuses –au fur et à mesure-  par des légumes locaux : tomates, poivrons, courgettes, oignons, choux, betts et betteraves, roquettes et autres laitues… sans oublier la nouvelle star de ses productions : la fraise. (Dans un pays où l’agriculture pourrait se résumer à l’élevage de steaks et saucisses sur pattes, les fraises bio représentent une petite révolution!) Libre envisage de planter des arbres fruitiers dans les prochains mois, pour compléter rapidement cette base de production. 


En ce qui concerne ses outils de travail, c’est simple : huile de coude, pelle, bêches et binette, principalement. Depuis peu, un moto-culteur lui épargne des heures de labeur, mais globalement : pas question de faire des investissements coûteux. Libre construit tout lui même, que ce soit ses serres, ses bâtiments de stockage, sa pépinière… Dans la mouvance Do It Yourself…extrême!
Les serres, récemment installées permettent de protéger les plantes sensibles, comme les tomates, poivrons, basilique… Il tente la technique de couverture par bâche plastique noire, qui limite le développement de plantes indesirées et garde l’humidité du sol. Ce point n’est pas négligeable car, bien que le système de goutte à goutte -installé sur chaque butte- permet de limiter l’utilisation d’eau, Libre est souvent en manque d’eau.
Le bio n’est absolument pas connu en Uruguay, Libre l’a découvert pendant ses études au Canada. Une fois rentré au pays, il a tenté d’aller encore plus loin, en appliquant les techniques de biodynamie et de permaculture (« quand il était plus hippie »). Mais, la rudesse du terrain et du climat (venteuuux) ainsi que son manque d’expérience ont eu raison des idéaux. Après 2 ans de galère, il a recadré ses méthodes : il est bio, sans chimie de synthèse, mais maintenant, il mise tout sur la bio-fertilisation, grâce au Bokashi et aux EM (microorganismes efficaces).
Ces deux techniques de « culture de micro organismes » (l’une solide et l’autre liquide) lui permettent de développer des substrats riches en charmantes bactéries, levures et leurs amies moisissures aérobies mésophiles, qui -une fois appliquées ou pulvérisée (c’est selon)- boostent la vie de son sol, et rendent facilement assimilables les nutriments dont ont tant besoin ses chers légumes. Depuis 6 mois qu’il enrichie son sol, sa vie (et surtout ses rendements) a changé!
Sa recette du Bokashi :

-Préparez une base de 3 composants principaux – terra, paja, caca! (terre, paille, fumier!) (A noter que Libre à une nette préférence pour celui de poulet 🙂 )

-Complétez par : des cendres, du son de riz, de la farine de poissons,  de la mélasse et de la levure.

-Mélangez (voire broyez) le tout.

-Aspergez avec un peu d’eau pour activer l’activité des microorganismes.

-Laissez reposer à l’air libre, mais à l’abri.

-Retournez le tas chaque matin, pendant 7 à 15 jours. Attention, ça va chauffer!

-Quand c’est prêt : appliquer de 1 à 4 poignées par plantules lors de la plantation.

Sa recette d’EM :
-Mélangez dans une bassine :

*mycélium forestier

* »pain mère » (support de bactéries spécifiques anaerobies)

*ferments lactiques de lait de vache

*mélasse

*eau

-Homogénéisez, puis versez le liquide dans un bidon.

-A l’aide d’un tuyau et d’une bouteille de bière, créez un barboteur, pour que la gaz puisse s’échapper sans faire entrer d’air.

Attention, ça va fermenter!

-Quand c’est prêt, aspergez vos plantes, et leur pied.
Enfin, pour la partie distribution/vente, tout se passe à bord de la fidèle 4L! Bien que localement, on ne peut pas parler de village, la Sierra Rocha compte une vingtaine de familles reparties sur 15 kilomètres de rayon, (à 20 kilomètres de Rocha, la grande ville du coin (25 000 habitants…)), Libre parvient à vendre ses produits frais et bio aux alentours, via des marchés et même quelques restaurants.

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