05/08-10/08 – Kerala: De Munnar à Allepey

Les adieux à la famille de Gopal sont un peu émouvants. Photographe amateur, il nous mitraillera de son appareil photo durant nos dernières heures dans sa ferme – école, avant de conclure en nous invitant à revenir, que les portes nous sont grandes ouvertes!

C’est donc portés par cette expérience que nous quittons la chaleur tropicale pour les hauts plateaux…bien plus frais! Perché en moyenne altitude, la petite ville de Munnar à la capacité incontestable de se cacher dans les nuages. Son microclimat si spéciale est propice aux plantations de thé centenaires, et aux cultures d’épices, si typiques de l’Inde…attirant ainsi la gente touristique de manière croissante.

Nous commencerons donc par visiter comme il se doit, une « tea factory » avec ses plantations, ses chaînes de séchage, broyage, empaquetage…

On apprendra que le thé blanc est fabriqué à partir du bourgeon supérieur ; que pour le thé vert, ce sont les jeunes feuilles qui sont utilisés, et leur séchage reste doux ; quand au thé noir, les feuilles plus « âgées » sont séchées et broyées plus fortement. Ces différents produits aux vertus spécifiques sont issus et transformés d’une même plante, maintenant l’héritage ancestral de cette boisson, et répondant à un marché national très demandeur!

Pour ceux qui gouteront à ce thé, pas de soucis : Céline a vérifié la bonne marche du service qualité de l’entreprise 😉 Après avoir croisés quelques nuages et quelques cascades, nous visiterons également une plantation d’épices, et le coeur y était : cardamome, canneliers, girofliers, lianes de poivre, caféiers (arabica et robusta), lianes de vanille… Il y en avait pour tous les goûts! Sérieusement, la Cardamome fraîche est un vrai délice!!

Nous finirons notre plongeon culturelle en assistant à une représentation de théâtre d’expression, cette spécialité artistique du Kerala, basée sur les aventures des dieux hindous. On comprendra alors qu’en Inde, le langage n’est pas que « la langue » mais aussi la gestuelle (en comparaison les italiens sont des petits joueurs!).

Nous assisterons enfin à une démonstration de Kalaripayattu, l’art martial local. Cette pratique aussi physique que spirituelle à plus de mille ans. Elle serait l’ancêtre de tous les arts martiaux issus de l’Asie, et se pratique dans une arène. Impressionnant!

Nous quittons Munnar et nos capes de pluie, pour la côte Ouest. Cochin nous tend les bras pour retrouver le soleil! Ville plurielle, avec ses quartiers répartis sur la côte, les îles & presque-îles qui la composent. Rendue hétéroclite par les aires d’occupation coloniales successives : portugaise, hollandaise et enfin britannique, qui ont chacune laissé leurs marques. Les différentes religions qui y cohabitent depuis des siècles font également parti du paysage : hindouisme, religions hébraïque, musulmane et chrétienne… comme en témoignent (entre autres) le palais Mattancherry, la synagogue Pardesi, la basilique Santa Cruz et l’église Saint François (1ère église chrétienne bâtie en Inde). Ainsi dans les rues, les figures et statues de Shiva côtoient celles du Christ, mais aussi celles du Che et de Gandhi!

On se balade principalement dans le quartier Fort Cochin (qu’on atteind en bateau), le long de sa balade de « sable et détritus », on découvre les carrés chinois, qui pêchent encore aujourd’hui les crustacés et poissons qui viennent s’y frotter. Les chèvres galopent joyeusement dans les rues, le long des canaux… Par hasard, on croise une voiture rose de la Pink Police, qui n’est composée que de femmes… pourquoi pas!

Dans les gargottes, Céline prend de l’assurance, et se lance pour sa première commande : de son plus bel anglais elle demandera deux bananes gratuites au lieu de deux bananes frites, « two banana free please »…morts de rires ont lui explique que « fry » n’est pas exactement « free » en termes de prononciation! Dans cet état communiste, on découvre avec surprise que la mixité n’est pas totale. Aux guichets de gare et d’embarquadaire, les queues d’attente Homme et Femme sont bien séparées. De même, dans un bus, Pierre sera viré de sa place, nous étions sur des places réservées aux femmes (indiqué en tamoul…impossible donc à savoir pour nous pauvres néophytes).

L’étape après Cochin sera Alleppey! Entourée de backwaters, on se balade dans ses environs en bateau public à moteur et en canoë privé à rames! L’eau fait parti du quotidien des gens : les hommes y pêchent ; les femmes y lavent le linge ; les écoliers y font leur vaisselle le midi, et s’y rince la bouche (oui, on a pas le même système immunitaire!) ; les vaches y mangent les herbes flottantes, de l’eau jusqu’au cou ; les oiseaux (notamment les Martin-pêcheurs) y batifolent… On aura même l’occasion de croiser des barques géantes, avec une cinquantaine de rameurs (et une demi douzaine de musiciens), s’entraîner pour la très fameuse course qui se déroulera le weekend où nous partons. Les collégiens surexcités que nous croiserons dans le bateau public (équivalent de leur bus scolaire), nous inviterons tous à y venir! Ils nous poserons toutes les questions possibles, (en tamoul plus qu’en anglais…) et feront tout pour attirer notre attention. Bien qu’on aura jamais vu des jeunes autant captivés par la barbe de Pierre! Ce temps de repos sur la côte tire à sa fin, on embarquera en pleine nuit dans un train-couchette, en direction de Madurai : retour au Tamil Nadu!

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